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Apprendre à vivre plutôt que démissionner
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Quand on pénètre dans les bidonvilles de Lima, on ressent immédiatement l’accablement des habitants. Leurs moyens d’existence misérables et leur lutte quotidienne pour la survie étouffent chez eux tout espoir de changement.
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bd. INTSOL, une organisation créée par CSI, aide les habitants des bidonvilles à briser le cercle vicieux de la résignation et de la pauvreté. Ana Mendoza, psychologue et directrice : «Nous accompagnons les personnes avec un but précis. Avec nous, elles apprennent qu’elles sont précieuses, douées et capables de créer une différence.» Lors de notre visite en avril dernier, nous avons été convaincus une nouvelle fois que cet engagement améliorait profondément la vie de personnes, de familles et de quartiers entiers. |
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La vie dans le bidonville
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Anita derrière sa maison CSI
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Dans le bidonville de Huaycán, nous avons rencontré Anita (37 ans). Elle nous a raconté sa vie: «A 14 ans, j’ai quitté mon village en raison de la misère et de la crainte permanente d’attaques du Sentier lumineux et d’incursions de l’armée. Alors, je me suis rendue à Lima, où j’ai travaillé comme employée de maison. Par la suite, je me suis mariée et ai suivi mon mari à Huaycán.» |
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Huaycán, une zone pauvre de plus de 160000 habitants, est l’un des nombreux bidonvilles de Lima. En fait, Lima est une immense métropole de plus de 8 millions d’habitants, mais la majorité d’entre eux vit dans les bidonvilles, à la périphérie de la ville. Anita fait partie des personnes qui, dans les années 80 et 90, ont fui devant la terreur qui sévissait dans les Andes. Ces gens sont encore marqués par cette période effroyable. Ils ont grandi avec les bombes, les arrestations arbitraires et la vue de cadavres dans les rues. Encore maintenant, la vie dans les bidonvilles est dominée par la méfiance et la peur. |
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Surmonter les barrières internes
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Visite d’INTSOL et de CSI chez Anita CSI
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INTSOL va à la rencontre des gens là où ils vivent dans la peur, la résignation et l’absence de perspectives. Formés spécialement et remplis d’amour pour les habitants marginalisés des bidonvilles, ses dix-huit collaborateurs assurent une présence dans plusieurs zones. |
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Ils accompagnent les personnes avec abnégation, dans des entretiens et des ateliers. Ils leur témoignent de l’estime et les encouragent, si bien que, peu à peu, ils parviennent à améliorer eux-mêmes leurs conditions de vie et même à aider les autres.
C’est ce qui est arrivé pour Anita: «Je suis entrée en contact avec INTSOL à travers un programme alimentaire pour les enfants de notre quartier. Ces gens étaient tellement différents. Ils ont pris du temps, m’ont écoutée et encouragée.» Lors d’entretiens personnels, Anita a pu parler de ses expériences, de ses peurs et de ses soucis. Les collaborateurs de CSI l’ont soutenue psychologiquement. Anita a pris de l’assurance en elle-même et a voulu aider dans le programme alimentaire. |
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Nouvelle orientation pour Anita
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Anita avec les visiteurs d’INTSOL et de CSI CSI
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INTSOL a mis Anita en contact avec d’autres personnes de son quartier, dans un but précis. Elle a ainsi découvert que ses voisins étaient confrontés aux mêmes peurs et aux mêmes problèmes qu’elle. Elle n’était pas seule.
Anita s’est mise à participer à des ateliers d’INTSOL sur l’hygiène, la santé et l’alimentation. Elle a eu beaucoup de joie à appliquer chez elle ce qu’elle avait appris. |
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Elle était tellement enthousiaste qu’elle a suivi un autre cours d’INTSOL pour devenir conseillère bénévole en «alimentation et hygiène». Maintenant, elle visite les familles du quartier et leur donne des conseils en matière d’alimentation, de santé et d’hygiène. Sa vieille peur des contacts s’est transformée en joie pour les relations humaines. La transmission de ce qu’elle avait appris et les encouragements aux autres ont donné un nouveau sens à sa vie.
Anita a fait d’autres progrès. Avec INTSOL, elle a appris à intervenir en faveur de son quartier auprès de l’administration de Lima, pour des buts précis. Avec d’autres habitants, elle a obtenu l’installation d’un éclairage public rudimentaire, d’une citerne pour l’eau, l’enlèvement des ordures et une ligne d’autobus. Cette femme autrefois timide et craintive est ainsi parvenue à améliorer de manière durable les conditions de vie de son quartier. Elle est devenue une source d’encouragement pour les autres habitants du bidonville, dans leur vie de tous les jours.
A la fin de notre visite, Anita nous confie, les yeux brillants : «Maintenant, grâce à INTSOL, je me sens forte et prise au sérieux. J’ai de l’assurance en moi et j’entrevois un nouvel avenir. J’aimerais beaucoup pouvoir transmettre cette chance aux autres». |
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