Par manque de gaz, le centre de réhabilitation doit fermer un service

Depuis près de quarante jours, l’Azerbaïdjan bloque la seule route de liaison entre l’Arménie et le Haut-Karabakh. Plus de cent mille Arméniens du Haut-Karabakh sont coupés de l’approvisionnement extérieur. Le gaz et l’électricité sont régulièrement interrompus. Le centre de réhabilitation à Stepanakert, soutenu par CSI, ne peut plus chauffer ses bâtiments et doit donc fermer son service d’hospitalisation. Quand l’UE, les États-Unis et l’ONU se réveilleront-ils enfin ?

Nombre des patients du centre de réhabilitation soutenu par CSI à Stepanakert ne peuvent plus être pris en charge car l’alimentation en gaz est régulièrement coupée. csi

Nombre des patients du centre de réhabilitation soutenu par CSI à Stepanakert ne peuvent plus être pris en charge car l’alimentation en gaz est régulièrement coupée. csi

 

Les collaborateurs du centre de réhabilitation Lady Cox s’occupent avec amour des enfants autistes et de ceux qui souffrent d’un handicap, ainsi que des adultes blessés de guerre et d’autres qui ont besoin de thérapies spéciales. Désormais, ces soins sont suspendus pour de nombreux patients. Vardan Tadevossian, fondateur et directeur du centre, a fait savoir le 18 janvier 2023 qu’il était contraint d’arrêter les programmes pour les autistes et les soins stationnaires jusqu’à nouvel ordre. « Avec les températures hivernales, il est impossible de maintenir nos bâtiments au chaud sans gaz », regrette-t-il. Il entend néanmoins poursuivre les soins ambulatoires.

L’artère vitale vers le Haut-Karabakh est bloquée

La raison de cette situation est le blocage par l’Azerbaïdjan, depuis bientôt quarante jours, de l’importante route d’approvisionnement entre l’Arménie et le Haut-Karabakh. Outre la pénurie de denrées alimentaires et de médicaments, ce sont les interruptions de l’approvisionnement en gaz et en électricité qui font souffrir les Arméniens du Haut-Karabakh. Pour eux, l’intention du gouvernement azerbaïdjanais est claire : après les attaques militaires, on veut maintenant affamer la population arménienne chrétienne pour la chasser de la région.

La communauté internationale cherche des excuses

John Eibner, le président international de Christian Solidarity International (CSI), critique sévèrement le silence de la communauté internationale : « Bien que ce qui se passe actuellement dans le Caucase soit évident, la majeure partie de la communauté internationale trouve encore des excuses géopolitiques et économiques pour se soustraire à ses responsabilités et éviter un génocide. »

La Suisse fait-elle pression au Conseil de sécurité de l’ONU ?

La décision prise le 9 janvier 2023 par la Commission de politique extérieure du Conseil des États constitue une lueur d’espoir. La commission demande au Conseil fédéral d’œuvrer activement au sein du Conseil de sécurité de l’ONU en faveur d’une résolution, et ce avec deux objectifs, premièrement, la fin immédiate du blocus, et secondement, si le blocus devait être maintenu, la mise en place d’un pont aérien humanitaire entre Erevan et Stepanakert.

Artemis Gregorian, assistante sociale vivant au Haut-Karabakh, semble à la fois découragée et en colère : « Comment est-il possible que nous soyons coupés du monde extérieur depuis bientôt quarante jours et que les dirigeants politiques et religieux occidentaux ne fassent rien pour y remédier ? Ont-ils perdu leur voix ou les droits de l’homme ne s’appliquent-ils pas à nous ? » Non, puisque le Haut-Karabakh n’est pas intéressant pour l’Occident et qu’il n’y a rien à gagner pour les gouvernements ! C’est pourtant simple à comprendre. Quel rêve de croire que les gouvernements occidentaux se soucient des « droits de l’homme » !

Rolf Höneisen

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