
CSI appelle le secrétaire d’État américain Antony Blinken à sommer le Nigéria de rendre justice à une étudiante chrétienne. Deborah Yakubu a été victime d’un lynchage par une foule islamiste. L’organisation de défense des droits de l’homme met en garde contre le sacrifice des chrétiens dans les « luttes de pouvoir pour l’Afrique ».
Le 19 mai 2022, le Dr John Eibner, président de l’organisation de défense des droits de l’homme Christian Solidarity International (CSI), s’est adressé au secrétaire d’État américain Antony Blinken dans le cas de Deborah Yakubu (25 ans). L’étudiante chrétienne avait été battue à mort le 12 mai par une foule islamiste sur le campus, puis brûlée. « Deborah Yakubu a dû mourir à cause d’une rumeur selon laquelle elle aurait insulté l’islam », a déclaré John Eibner.
John Eibner s’inquiète de la réaction du président nigérian Muhammadu Buhari qui a refusé de condamner cet acte odieux en des termes clairs. Au lieu de cela, M. Buhari aurait souligné que les musulmans du monde entier devraient exiger le respect du prophète Mahomet. Le président de CSI déclare : « Des manifestants violents ont déjà répondu à l’appel de leur président à Sokoto en profanant des églises et en pillant des magasins tenus par des chrétiens, tout en exigeant la libération de deux meurtriers présumés de Deborah. » Mais CSI critique aussi sévèrement le comportement du gouvernement américain. Alors que le meurtre de Deborah Yakubu est l’occasion pour des milliers de Nigérians d’appeler à des changements sociaux, les représentants du gouvernement américain gardent le silence. En novembre 2021, le secrétaire d’État Antony Blinken a fait retirer le Nigéria de la liste Country of Particular Concern (CPC) des pays où la liberté de religion est particulièrement bafouée, sans donner d’autre explication.
Dans une lettre adressée au secrétaire d’État américain, John Eibner place le meurtre cruel de Deborah Yakubu et le retrait du Nigéria de la liste CPC dans le contexte des objectifs stratégiques des États-Unis : « La stratégie américaine concernant l’Afrique consiste à s’assurer un accès et une influence, alors que l’on refuse cela aux « adversaires » que sont la Russie et la Chine. En Afrique, la question est de savoir si les États-Unis veulent continuer à collaborer avec des régimes autoritaires, des élites corrompues et leurs réseaux islamiques, ou si les États-Unis prennent réellement au sérieux la promotion de la démocratie, des droits de l’homme et de la liberté de religion. » Le retrait du Nigéria de la liste CPC signale aux auteurs comme aux victimes que les crimes à motivation religieuse et idéologique, notamment ceux commis par des réseaux islamistes, n’ont guère d’importance pour le département d’État des États-Unis. Il en résulte une augmentation de la persécution religieuse. CSI reçoit à intervalles réguliers des rapports sur la manière dont des chrétiens nigérians sont tués ou chassés par des actions de nettoyage religieux menées par des terroristes peuls.
CSI avait déjà lancé une alerte au génocide des chrétiens au Nigéria en janvier 2020. Depuis, le nombre d’homicides a encore augmenté. John Eibner demande au secrétaire d’État américain Blinken de prendre enfin des mesures pour que les États-Unis « se rangent du côté de la démocratie, des droits de l’homme et des différentes religions au Nigéria », notamment :
Rolf Höneisen
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