Les minorités religieuses opprimées : des conseillers nationaux s’adressent au Conseil fédéral

La situation des chrétiens et d’autres communautés religieuses opprimés au Sri Lanka et au Nigéria préoccupe beaucoup les deux conseillers nationaux Marianne Streiff (PEV) et Laurent Wehrli (PLR). Ils ont donc déposé chacun une interpellation et attendent la réponse du Conseil fédéral. CSI soutient ces deux interventions.

Des chrétiens persécutés au Nigéria. csi

La conseillère nationale Marianne Streiff (PEV) rappelle que la situation des droits de l’homme au Sri Lanka ne cesse de se dégrader, en particulier pour les minorités religieuses. Des groupes nationalistes revendiquent la suprématie de la majorité bouddhiste cinghalaise et dénigrent aussi bien les chrétiens que les musulmans et les hindous, de même que la minorité tamoule qui souffre une nouvelle fois du nationalisme cinghalais. « Mais les autorités restent passives, elles se rendent même responsables d’actes de violence et de harcèlement, que ce soit en fermant des Églises ou en organisant des interrogatoires arbitraires de membres du clergé. Bien sûr, elles n’interviennent pas contre ceux qui mènent des campagnes de haine ou qui s’en prennent concrètement aux chrétiens. »

Dans son interpellation 21.4040 « Protection des minorités ethniques et religieuses au Sri Lanka », la conseillère nationale du PEV demande notamment au Conseil fédéral comment la Suisse évalue la situation générale du point de vue des droits de l’homme et du respect de l’État de droit au Sri Lanka. Elle demande en outre au gouvernement quelles sont les mesures prises par la Suisse au niveau bilatéral et multilatéral pour garantir le respect des droits de l’homme au Sri Lanka, en particulier ceux des minorités religieuses et ethniques.

Une intervention sur les agressions au Nigéria

La violence persistante au Nigéria préoccupe le conseiller national Laurent Wehrli (PLR). Dans le nord-est du pays, des dizaines de milliers de personnes ont été tuées et des millions d’autres déplacées, a-t-il rappelé. Les organisations terroristes Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (EIAO) en sont responsables. Mais la violence est également à mettre au compte des islamistes peuls dans le centre du pays et d’autres bandes armées dans le Nord-Ouest. « En outre, les enlèvements sont de plus en plus fréquents : cela devient un commerce lucratif où les rançons s’élèvent parfois à plusieurs millions », déplore M. Wehrli. Ce qui déconcerte particulièrement le conseiller national, c’est l’inaction des autorités nigérianes face à cette situation dramatique, les auteurs des attentats restant ainsi le plus souvent impunis.

Dans son interpellation 21.4049 « Violence, enlèvements et impunité au Nigéria. Quels engagements de la Suisse ? », le conseiller national se réfère également au fait que la Suisse mène depuis 2011 un dialogue sur les droits de l’homme avec le Nigéria et offre son soutien dans le domaine de la sécurité. Dans ce contexte, il demande notamment au Conseil fédéral ce qui a été abordé exactement dans le cadre du dialogue sur les droits de l’homme. Il s’intéresse en outre à la manière dont la Suisse pourrait aider le Nigéria à améliorer la protection de la population et à condamner les agresseurs.

Reto Baliarda

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