Le Conseil fédéral répond aux interpellations

La souffrance des chrétiens au Sri Lanka et au Nigeria avait incité les conseillers nationaux Marianne Streiff et Laurent Wehrli à déposer chacun une interpellation. Le Conseil fédéral partage les préoccupations des deux interpellateurs. Il rejette un mandat spécial de l’ONU pour le Nigéria.

Une chrétienne, victime des Peuls, près de la ville de Jos. csi

Dans son interpellation 21.4040 « Protection des minorités ethniques et religieuses au Sri Lanka », la conseillère nationale bernoise Marianne Streiff (PEV) demandait notamment au Conseil fédéral quelles étaient les mesures prises par le gouvernement au niveau bilatéral et multilatéral pour garantir la protection des droits de l’homme, en particulier pour les minorités ethniques et religieuses au Sri Lanka.

Dans sa réponse, le Conseil fédéral écrit qu’il observe avec inquiétude l’évolution des droits de l’homme au Sri Lanka : « De graves violations des droits de l’homme restent souvent impunies, et les droits des minorités religieuses et ethniques sont sous pression. » Ces derniers temps, il y aurait en outre eu « une forte centralisation du pouvoir ».

Le Conseil fédéral aurait appelé « le gouvernement du Sri Lanka à mettre en œuvre les recommandations de la Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme afin d’améliorer la situation des droits de l’homme. » En outre, « dans ses contacts bilatéraux avec des représentants du gouvernement sri-lankais, mais aussi avec des membres de l’opposition, la Suisse évoque régulièrement la situation et les droits des minorités ethniques et religieuses » et « appelle […] à renforcer les possibilités de participation des minorités à la vie politique ».

Améliorer les normes en matière de droits de l’homme au Nigéria

Le conseiller national vaudois Laurent Wehrli (PLR) a demandé entre autres, dans son interpellation 21.4049 « Violence, enlèvements et impunité au Nigéria. Quels engagements de la Suisse ? », quelles questions ont été abordée dans le cadre du dialogue sur les droits de l’homme que la Suisse a mené avec le Nigéria depuis 2011. Il s’intéresse également à la contribution de la Suisse à la protection des Nigérians et à la possibilité de s’engager auprès du Conseil des droits de l’homme de l’ONU pour mandater un expert indépendant en matière de droits de l’homme au Nigéria.

Dans le dialogue sur les droits de l’homme mentionné par M. Wehrli, « les défis dans le domaine de la police et de l’exécution des peines en constituent l’un des thèmes prioritaires », écrit le Conseil fédéral dans sa réponse. En outre, « des projets de formation continue ont été mis en place pour les forces de police, le personnel pénitentiaire, les juges ainsi que d’autres acteurs du système judiciaire. L’objectif est d’améliorer l’application des lois nationales et le respect des normes internationales en matière de droits de l’homme ».

La Suisse s’engage en outre avec un programme de politique de paix. Dans le domaine « religion, politique et conflits », les savants musulmans sont encouragés « à développer et à diffuser un enseignement et des messages visant à prévenir l’extrémisme ».

Le Conseil fédéral avoue par ailleurs que « l’augmentation de la violence armée affectant les populations civiles », dont les causes sont multiples, est en effet « inquiétante ». Néanmoins, « le Nigéria ne fait l’objet d’aucune procédure spéciale » de l’ONU. « La Suisse ne prévoit pas » non plus « de plaider pour la mise en place d’un tel mandat. »

Reto Baliarda

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