Une aide à long terme pour 30 victimes de la terreur

Le pasteur Latif est venu en Suisse en mai 2016. Dans son entretien avec CSI, notre partenaire pakistanais explique comment il a vécu l’attentat à la bombe ce dimanche de Pâques à Lahore et de quelle manière les victimes sont aidées.

L’Église protestante de Pfäffikon (ZH) a invité le pasteur Latif et son frère Shamoon Masih, qui vit en Suisse, pour un exposé sur la situation des chrétiens au Pakistan. (csi)

Monsieur Latif*, quelle a été votre réaction après cet attentat à Lahore ?
Un sentiment d’horreur ! Lorsqu’après le culte, je suis arrivé à la maison, j’ai allumé la télévision et j’ai regardé les nouvelles. À 20 heures, la fille de mon ami, le pasteur Bashir, m’a envoyé les images des victimes qui avaient survécu. Elle m’a appris qu’il y avait de nombreux chrétiens indigents parmi les 100 morts. Le fait que l’accès au parc Gulshan-e-Iqubal soit gratuit tous les dimanches a causé leur perte. Ils s’y étaient rendus après le culte. Mais mes pensées se dirigent aussi vers les quelque 50 musulmans tués. 

Avez-vous envisagé immédiatement de rendre visite aux victimes qui ont survécu ?
Pour moi, c’était très clair. Mais avant de commencer les visites, j’ai dû me concerter avec CSI pour faire part de l’urgence de la situation, afin de pouvoir offrir aux survivants une aide efficace et leur donner un espoir concret.

Vous avez visité des victimes de la terreur dans deux hôpitaux de Lahore. Pouvez-vous brièvement nous raconter une rencontre ?
J’ai rencontré une jeune femme qui avait perdu un œil lors de l’attentat. Son mari est indemne, mais son frère a été tué. La femme et la fille de ce frère, de leur côté, n’ont rien eu. C’est fou : au moment de l’attentat, toutes ces personnes se tenaient à proximité les unes des autres. La direction vers laquelle chacun était tourné a déterminé entre la vie et la mort.

Comment les victimes sont-elles concrètement aidées ?
CSI finance la prise en charge médicale à l’hôpital et aussi les soins à domicile. Nous avons intégré environ 30 blessés dans notre programme et nous les soutenons jusqu’à ce qu’ils puissent à nouveau se débrouiller par eux-mêmes. Nous faisons cela en restant conscients que le processus de guérison de ceux qui sont grièvement blessés est incertain. Quand cela est nécessaire, nous offrons également une aide financière temporaire. La plupart des blessés sont d’extraction modeste. Si le responsable de la famille ne peut pas travailler à cause de ses blessures, les siens ont besoin de toute urgence d’une aide directe. 

Personnellement, en tant que chrétien, comment faites-vous face au danger dans votre pays ?
Je n’ai pas peur, mais je reste toujours prudent. Nous sommes très reconnaissants pour les prières de la Suisse et la collaboration efficace avec CSI.

Reto Baliarda

* Nom fictif

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